Historique des Wallisiens et Futuniens de Nouvelle Calédonie

D'après les données de la Démographie de la Nouvelle-Calédonie , en 2013 près de 21.000 Wallisiens et Futuniens sont recensés, soit environ le double que ses archipels d'origine.La représentativité de la population wallisienne et futunienne en 2015, est estimée à un peu plus de 12% de l'électorat, cela constitue un potentiel non négligeable pour les enjeux électoraux.

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'immigration massive des Wallisiens et Futuniens de Nouvelle-Calédonie répondait à un besoin en main d’œuvre pour les différents chantiers industriels de la NC (Barrage de yaté, sites miniers de la Société Le Nickel). Cependant cette population peu instruite et n'ayant pas été préparée au choc culturel, se heurta rapidement aux contraintes d'intégration, celles ci engendreront par la suite des difficultés ainsi que des tensions inter-communautaires.

  • Sous l'ère de Pierre Messmer ( entre 1960 et 1974), Ministre d'État, chargé des Départements et territoires d'Outre-mer , cette immigration soulèvera au niveau de l’État Français, des inquiétudes d'ordre politique, voici ce que l'Histoire retiendra de cette stratégie :

« La Nouvelle-Calédonie, colonie de peuplement, bien que vouée à la bigarrure multiraciale, est probablement le dernier territoire tropical non indépendant au monde où un pays développé puisse faire émigrer ses ressortissants.Il faut donc saisir cette chance ultime de créer un pays francophone supplémentaire. La présence française en Calédonie ne peut être menacée, sauf guerre mondiale, que par une revendication nationaliste (Nationalisme kanak) des populations autochtones appuyées par quelques alliés éventuels dans d’autres communautés ethniques venant du Pacifique. (Wallis-et-Futuna , Tahiti ).

À court et moyen terme, l’immigration massive de citoyens français métropolitains ou originaires des Départements français d'Outremer comme La Réunion devrait permettre d’éviter ce danger en maintenant et en améliorant le rapport numérique des communautés.

 À long terme, la revendication nationaliste autochtone ne sera évitée que si les communautés non originaires du Pacifique représentent une masse démographique majoritaire. Il va de soi qu’on n’obtiendra aucun effet démographique à long terme sans immigration systématique de femmes et d’enfants.  Afin de corriger le déséquilibre des sexes dans la population non autochtone, il conviendrait sans doute de faire réserver des emplois aux immigrants dans les entreprises privées. Le principe idéal serait que tout emploi pouvant être occupé par une femme soit réservé aux femmes (secrétariat, commerce, mécanographie).

  • De ce fait, les stratégies politiques de l’État Français, relayées par les partis pro-français (RPCR , L'Avenir ensemble) viseront à accentuer puis à instrumentaliser sous toutes ses formes, le clivage culturel, ethnique, afin de créer et d'entretenir les tensions entre les communautés kanaks et d'origine wallisienne et futunienne.

Dans les années 80 cette manipulation des masses conduira le leader du RPCR , Jacques Lafleur, à la création de milices essentiellement formées par des Wallisiens et Futuniens de Nouvelle-Calédonie ("tama aux gros bras") pour " casser du kanak". Les conséquences de cette manipulation resteront ancrées dans les esprits des mélanésiens indépendantistes, la rancœur "anti-wallis' naitra de cette épisode, elle dépassera le contexte politique et se généralisera des années durant. Cette rivalité entre les Kanaks et les Wallisiens et Futuniens de Nouvelle-Calédonie ainsi que ce ressentiment deviendra un des outils de propagande de la droite locale. La formule qui fut très souvent scandée par la voix des leaders loyalistes pour attiser la peur de l'exclusion fut : " A l'indépendance de Kanaky , Wallis dehors !"

Le leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou sous un air très ironique, répliquera à une question qui lui fut posée par Michel Rocard sur le sort des ressortissants de Wallis-et-Futuna vivant en Nouvelle Calédonie : " ce sont des grands navigateurs" , autant dire qu'ils reprendront la mer pour d'autres cieux.