Des idées, des femmes et des hommes, des actions

Le Front de libération nationale kanak et socialiste intègre le RDO en 1998 après la forte mobilisation de ses militants au fameux "préalable minier" qui débouchera sur les accords de Bercy, (la société minière Eramet se voit retirer le site de Koniambo pour un milliard francs en échange en plus d'un petit site minier à Poum (Nouvelle-Calédonie) . Cette action militante du RDO auprès du Front de libération nationale kanak et socialiste contribuera à la matérialisation du projet de la Société minière du Sud Pacifique de se doter d'une usine métallurgique de transformation du Nickel et ce, dans le cadre du rééquilibrage économique entre la Province Nord et la Province Sud de la Nouvelle Calédonie.

Pourtant proche de l'Union calédonienne (UC) de la Province Sud et tout particulièrement de Rock Wamytan depuis 1995, il est associé à l'Union nationale pour l'indépendance (UNI), et donc au Parti de libération kanak (Palika) de Paul Néaoutyine et à l'Union progressiste mélanésienne (UPM) de Victor Tutugoro, de 1999 à 2009. Depuis 2009, il est de nouveau plutôt un allié de l'UC.

Aloisio Sako était policier à Nouméa et grand chef coutumier du District de Hihifo, déjà à l'époque où il était vice-président de l'Union océanienne (depuis 1989), mais quand il devient président du RDO en 1994, il est suspendu pour un an sous prétexte de « manquement au devoir de réserve » par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Charles Pasqua, ce qui en fait, aux yeux de ses partisans, un martyr et accroît considérablement sa popularité. Aux élections de 1995, l'UO perd ses deux sièges, et le RDO en remporte un au sein d'une liste FLNKS1.

À la suite d'incidents entre Kanaks et Wallis-et-Futuna à Saint-Louis en , une partie des militants du RDO, avec à leur tête le cofondateur du parti et ancien membre du gouvernement territorial de Pierre Frogier chargé de la santé et des affaires sociales jusqu'en novembre 2002, Tino Manuohalalo, ont fait scission et mis sur pied le Mouvement des citoyens calédoniens, aux positions radicalement anti-indépendantistes.

 

Cette scission est un coup dur pour le parti, la sanction ne se fait pas attendre car aux élections provinciales du , aucun élu indépendantistes n'obtiendra de siège à l'assemblée de la Province Sud (Nouvelle-Calédonie) , et sur la liste UNI-FLNKS une élue dans la Province Nord et au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, Angéla Manakofaiva, une institutrice née en 1963 à Nouméa2.

À la suite du scrutin suivant du , le parti obtient initialement une seule élue à l'Assemblée de la Province Sud et au Congrès par le biais de la liste unitaire du FLNKS emmenée dans cette province par Rock Wamytan : Ilaïsaane Lauouvéa. À celle-ci s'ajoute Angéla Manakofaiva qui, bien que n'ayant pas retrouvé son siège initialement car présente en dixième position sur la liste UNI de Paul Néaoutyine dans le Nord qui n'obtient que 9 élus, elle réintègre toutefois l'assemblée provinciale grâce à la démission de celle-ci de Déwé Gorodey, qui entre alors au Gouvernement de la Nouvelle Calédonie.

A la sortie des élections présidentielles de 2012, où le RDO soutenait la candidature de François Hollande, le mouvement sera rejoint par Seleone Tuulaki du Parti socialiste. Ingénieur de métier de tendance démocrate et libéral, il est originaire de Wallis-et-Futuna où il a passé son enfance et son adolescence. Neveu de Soane Kaikilekofe, Saatula de Sigave Futuna, Seleone TUULAKI est issu d'une famille historiquement ancrée au Parti radical de gauche de Wallis et Futuna, mouvement d'où sont issus les députés Kamilo Gata et Albert Likuvalu. De retour de métropole où il a passé plusieurs années, il s'investit en politique dès son arrivée en Nouvelle-Calédonie en 2009 où il devient secrétaire général du Parti politique ethnique ROC Plurielle, il est candidat suppléant de Stéphane Henocque aux Élections législatives de 2012 en Nouvelle-Calédonie. Il deviendra par la suite un des proches conseillers du Rassemblement démocratique océanien et de son président Aloisio Sako.

De 2013 à 2014, laïsaane Lauouvéa deviendra présidente de la commission permanente au Congrès de la Nouvelle-Calédonie , elle devient la première femme de la communauté wallisienne et futunienne du RDO à accéder à ce poste.

Aux élections municipales de avril 2014, le RDO sera représenté en Province Sud (Nouvelle-Calédonie) dans les communes de Nouméa , du Mont-Dore(Nouvelle-Calédonie), Païta et de Dumbéa ou il fera une liste unique avec les indépendantistes. A Dumbéa fief habituel du parti, Aloisio se présente en tête d'une liste commune avec le Parti de libération kanak, l'Union progressiste mélanésienne et l'Union calédonienne

Liste " Construisons Notre Nation Arc En Ciel " - Congrès de clôture de la campagne des provinciales de 2014 - Province Sud (Nouvelle-Calédonie), au premier plan Ilaïsaane Lauouvéa, ( RDO) , Louis Mapou du Parti de libération kanak

 

Aux élections provinciales de mai 2014, Aloisio Sako est élu sous la liste " Construisons Notre Nation Arc En Ciel" porté par les partis nationalistes et indépendantistes ( Parti socialiste , Front de libération nationale kanak et socialiste, Dynamique Sud, et Parti Travailliste). Il devient le chef de groupe du Front Indépendantiste à la Province Sud (Nouvelle-Calédonie) qui compte 7 élus sur 40 au total.

En décembre 2014, afin de faciliter la sortie de crise du Treizième gouvernement de Nouvelle-Calédonie présidé par Cynthia Ligeard, le président Aloisio Sako soutient la candidature de Calédonie ensemble (Philippe Germain) par un courrier officiel signé par les 4 présidents du Front de libération nationale kanak et socialiste.

Lors de la crise des mineurs de Août 2015, conséquence directe de la chute des cours des métaux au London Metal Exchange , le RDO se positionne en faveur de la "Doctrine Nickel " soutenue par le Parti de libération kanak et le parti loyaliste de Calédonie ensemble estimant que les exportations de minerai vers la Chine devait être arrêtées conformément aux décisions prises quelques mois plus tôt par le bureau politique élargie. L'industrie métallurgique chinoise, selon le RDO, à long terme deviendra un concurrente directe et donc une contrainte supplémentaire pour le développement des projets offshore de la Société minière du Sud Pacifique dont la Province Nord (Nouvelle-Calédonie) est actionnaire à 51%. La bobine de Nickel est vendue 25% moins cher par les métallurgistes chinois, ce paramètre vient croiser avec les difficultés économiques et techniques que traversent le projet Koniambo.

En février 2016, le RDO est représenté au Comité des Signataires de l' Accords de Nouméa qui se déroule à Paris, sa position sur l'avenir institutionnel s'aligne avec celui du Front de libération nationale kanak et socialiste , avec deux hypothèses plausibles, l'indépendance politique sans conditions, ou l'indépendance avec un partenariat privilégié avec l'Etat Français sur les dernières compétences régaliennes.

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